Premier EP - SORTIE le 21 juin 2010 en digital - Le 28 juin en physique
ALBUM LE 6 SEPTEMBRE
Un premier album qui ose la sainte trinité, de la chanson, du rock, de l’électro. Il faut de tout pour faire de la pop. Un album de pop donc. Oui mais de pop à la française dans tout ce qu’elle peut avoir de racé, d’élégant et de classe. D’ailleurs ce dernier mot elle y tient beaucoup. C’est ainsi qu’elle le voit. Un mot essentiel.
Comme le sont parfois les rencontres, cette gigantesque toile d’araignée que l’on tisse autour de soi quand on est une fille qui décide de quitter Lyon pour Paris afin de réaliser son rêve d’enfant. Etre chanteuse, Brune l’a toujours su. Elle le deviendrait un jour. Oui, certes mais comment.
Comment fait-on pour devenir chanteuse lorsque l’on est timide et réservée, quand avant d’aller prendre des cours de piano, obligation familiale, on s’arrête à Fourvière le temps d’une prière parce que vos professeurs vous font peur.
Comment fait-on ? On prend sur soi, on écrit et compose dans son coin. Sur un piano toutefois parce qu’on aime l’instrument. On chante dans des bars, on intègre un orchestre de bal pour tenir le micro tous les week-ends. On découvre la scène. On tâtonne. On évoque l’idée avec ses parents. Mais de là où ils viennent chanter n’est pas un métier. Oui mais papa tu joues bien du violon. Ce ne sera jamais pareil. Alors Brune devient professeur de musique. Une vocation chez certains, une étape pour elle. Sacré pied de nez, une conjuration peut-être. Son premier poste elle l’obtient dans un collège à Paris. Elle le voulait très fort. A Lyon, elle se sentait étouffer. Et puis à Paris, on redémarre. L’araignée tisse sa toile, lentement. Répondre à des annonces, rencontrer des musiciens, participer à des projets plus ou moins bancals, apprendre la guitare, peaufiner l’écriture. Se lier d’amitié, d’amours. Parler avec ses amies. Comparer. Soupeser. C’est partout pareil. Et puis fracture. Nette. La vie n’est pas éternelle. Prise de conscience. Tout s’accélère alors. De l’école de la République à celle de la rue. Brune descend chanter dans le métro après ses cours. Station Bastille. L’étui à même le sol, la guitare dans les mains. Des regards en coin, des regards complices, des sourires, l’indifférence, sentiment étrange de se retrouver à poil devant des inconnus. Elle chante des reprises, en anglais pour épater les touristes, et puis des textes à elle que parfois les passants fredonnent en la dévisageant. Le métro a du bon. Repérée, elle s’en va représenter les artistes du cru au festival Art-Rock de Saint-Brieuc (2008). L’année suivante, c’est Solidays qui lui ouvrira les bras.
Entre-temps, Brune a fait sous son nom ses premiers pas sur scène. Elle a rencontré un batteur, Grégory Jacques. Elle enregistre quelques maquettes. La mélodie avant tout. Les arrangements, elle n’y pense même pas. Pour ça, elle attend un signe du destin. Un coup de tonnerre. Une déflagration. Celui qui saura donner des formes au fond. Celui qui maîtrise les machines et les instruments. Un metteur en onde, Valentin Montu.
Les chansons de Brune acquièrent depuis cette journée de décembre 2008 des saveurs multiples. Des guitares, des claviers, des boites à rythmes, des tourneries électro, une multitude de petits sons assemblés avec une précision méthodique, parfois crasse dans les sonorités, mais toujours réfléchie dans les intentions. La mélancolie en est devenue dansante, la tristesse presque joyeuse, l’énergie comme dénominateur commun.
La culture musicale anglo-saxonne en héritage ? Une évidence. Des noms sont lâchés, les Cardigans, Nine Inch Nails, Pj Harvey pour l’attitude, Portishead pour les torpeurs de leurs rondeurs électroniques. Et puis il y a aussi la France au masculin, celle des figures tutélaires, Jean-Louis Murat, Alain Bashung.
Pourquoi devrait-on s’interdire le meilleur quand on a à parler de soi. Quand on chante ses souvenirs, ses moments intimes qui nous ont fait vibrer, grandir, pleurer, sourire, exister. Quand on est en passe de devenir une femme. Quand on cherche à se libérer. Quand on se sent vieillir. Quand on veut s’abandonner. Quand on regarde derrière soi les souvenirs amassés. Brune estune fille de son temps qui a fait un disque d’aujourd’hui. Il s’appelle Brune comme elle. Tout simplement.
Nicolas Preschey
|
09/2010 |
Brune |
|
|
|
|
Juin 2010 |
Brune EP |
|
|
|
| Artiste | Date | Ville | Salle/festival |
|---|